SHAW LES MARRONS

Luke Shaw fait partie de ces joueurs talentueux, mais qui ne sont pas épargnés par les blessures. Alors qu’il réalisait un début de saison à la hauteur des espérances placées en lui depuis son arrivée à Manchester, le latéral gauche est mal retombé après un choc avec Dani Carvajal. Bilan: une commotion, qui risque de l’écarter des terrains pour un moment .

On aurait tendance à l’oublier, mais Luke Shaw n’a que 23 ans et pourtant déjà tant d’histoires à narrer. Lui qui avait rejoint les Saints de Southampton dès son huitième anniversaire, il les quittera 11 ans plus tard. Au terme d’une saison pleine (35 matches joués en PL, deux assists) Shaw, alors considéré comme un jeune prodige, rejoint Manchester United. À seulement 19 ans, il devenait le troisième défenseur le plus cher de l’histoire. Record mainte fois battu depuis.

Blessures à répétitions

Arrivé en grande pompe, ses premières foulées avec ManU seront pourtant retardées, déjà, à cause d’une blessure qui le met sur la touche durant un mois. Il faut attendre le 27 septembre 2014 pour qu’il fasse ses débuts avec ses nouvelles couleurs. Il termine sa première saison avec un bilan de 16 participations à des matches de Premier League. Le reste du temps, il est indisponible pour raison médicale.

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De retour au premier plan, il enchaîne les matches en ce début de saison 2015/2016 (5 fois 90 minutes en PL). Jusqu’à cette, quasiment fatale, 24e minute d’un match de Ligue des Champions face au PSV. La jambe de Shaw se brise, il ne jouera plus cette année-là. « J’ai été très proche de perdre ma jambe, je ne l’ai su que six mois après, quand le docteur me l’a dit, a expliqué Shaw pendant une conférence de presse de la sélection britannique. En fait, ils voulaient me rapatrier en avion d’Eindhoven, mais si j’avais pris l’avion, j’aurais probablement perdu ma jambe à cause des caillots de sang qui s’étaient formés« , expliquait-il en conférence lors de la conférence de presse précédant le match face à l’Espagne.

La saison suivante, même rengaine. Cinq matches de championnat complets, puis une blessure à l’aine interrompt sa lancée. Il reviendra quelques mois plus tard pour disputer une demi-douzaine de matches avant d’être à nouveau écarté jusqu’à la fin de saison pour une autre blessure, au pied cette fois-ci. Une blessure au pied qui le privera d’une préparation essentielle pour aborder la saison. Un temps de jeu plus que limité et quelques matches de coupe, la dernière saison est à nouveau compliquée.

Vaincre José

« Je n’y pense plus, en fait. Aujourd’hui je me sens fort, et ma jambe droite est exactement comme avant la fracture« , Luke Shaw était pourtant rempli d’ondes positives au moment de revenir sur sa terrible blessure avant ce match face à l’Espagne qui, ironie du sort, va sans doute l’écarter à nouveau des gazons. Il faut dire que son début de saison était bon. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a signé son retour en équipe nationale (dernier match complet avec les Three Lions en septembre 2015). Cela commençait sur les chapeaux de roue avec un but lors de la première journée, qui permettait aux Red Devils de s’imposer face à Leicester. Son premier avec les pros, signe supplémentaire de renaissance.

« Le basculement du jeu mancunien à gauche est loin d’être un hasard, tant le tandem qu’il constitue avec Pogba fait mouche. Tout ce qui fit son charme du temps où il évoluait sous le tricot de Southampton (2011-2014) est déballé à vue : apporter le surnombre, se mouiller sur l’aile pour offrir des situations de passe au trio offensif de devant… La chorégraphie porte d’ailleurs ses fruits : après deux minutes de jeu, son déboulé côté gauche offre un shoot à Juan Mata dévié de la main par Wes Morgan dans sa surface. Péno incontestable. S’en suit une ouverture du score de Paul Pogba, le second but pour le latéral donc, et 90 minutes de croque-mort. Luke rentre même au vestiaire avec 99 ballons touchés au compteur. Une influence dans le jeu où seule la Pioche l’a détrôné. S’ajoutent à ça trois tacles gérés d’un pied de maître« , analyse Alexis Souhard dans SoFoot.

Une performance qui lui a valu les louanges du Mou. « En oubliant son but, car c’est la glace sur le dessus du gâteau, sa performance était vraiment bien, complète », déclarait le coach Portugais à l’issue du match. Le même coach qui n’y allait pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il devait commenter les performances de Shaw il y a de ça quelques mois. Certains joueurs laissaient d’ailleurs entendre que Mourinho « malmenait » son latéral gauche.

Une époque révolue puisque cet été, alors que les Tabloïds se faisaient un plaisir de soulever un surpoids chez le joueur, Shaw reçut un sms de son coach qui l’encourageait à travailler dur. « J’ai attendu quelque temps avant de répondre pour ne pas paraître trop pressé, raconte-t-il. Mais c’était une bouffée d’air frais qu’il prenne des nouvelles de moi. Je ne m’y attendais pas et la discussion a été très positive.» Il faut dire que depuis que Louis van Gaal a déclaré Luke Shaw en surpoids à l’été 2014, l’étiquette a suivi le joueur comme une mauvaise odeur. Lors des premiers matches de championnat, Shaw a couru 10 km par match et a réussi 100% de ses dribbles. Un dégraissage payant.

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Le contrat du joueur se termine en fin de saison et il espère bien pouvoir prolonger. Du côté du club, wait and see. Pour le joueur c’est clair, il veut gagner cette prolongation en prestant sur le terrain. Reste qu’à l’heure actuelle, la -nouvelle- indisponibilité de Shaw risque bien de le faire retomber dans ses travers. Même si le Mancunien l’a prouvé à plusieurs reprises, il a la force de caractère nécessaire pour revenir dans le coup. Une force mentale qui arbitra son statut de joueur pétri de qualité ou d’espoir déchu.

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