Everton: pourquoi le licenciement de Silva devenait inévitable ?

Quand un entraîneur est sur la sellette, perdre un derby en prenant cinq buts est une des pires choses qui puissent arriver. C’est ce que Marco Silva a vécu mercredi passé à Liverpool. Après le 5-2 bien tassé, la décision est vite tombée: il était démis de sa fonction d’entraîneur d’Everton. Une menace qui planait depuis déjà quelques semaines.


La septième place qualificative pour l’Europa League loupée la saison dernière pour trois petits points nourrissait déjà quelques frustrations à l’aube de la nouvelle campagne. Qu’importe : cette saison devait être celle du retour des Toffees dans le haut du classement après des années passées dans le ventre mou.

Quelques mois plus tard, le constat est amer : le club est classé dix-huitième avec pourtant le septième noyau en termes de valeur marchande. Comme toujours dans ces cas-là, les regards se tournent vers l’entraîneur. À l’heure des explications, les reproches sont nombreux.

Une défense très perméable

L’an dernier, le secteur défensif était très fourni avec notamment Yerri Mina, Phil Jagielka et Kurt Zouma. Les deux derniers étant partis au mercato, il a fallu former une nouvelle charnière centrale constituée de Mina et du jeune Holgate. À cela s’ajoute la perte toujours pas digérée d’Idryssa Gueye, parti pour le PSG lors du dernier mercato hivernal. Mais cela n’explique pas tout. Dans le système assez haut de Silva, il n’était pas rare de voir les deux arrières latéraux, Digne et Sidibé, monter simultanément.

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Avant Everton, Marco Silva avait déjà connu des expériences compliquées à Hull et Watford

Dans une tentative de stabiliser l’ensemble, l’Espagnol est passé à une défense à trois. Rien à faire, même renforcée, elle était bien trop souvent exposée aux attaques adverses. Ainsi, le gardien Pickford se retourne presque deux fois par match. Il devient dur de gagner des matchs dans ces conditions.

Et les phases arrêtées venaient encore noircir le bilan défensif. Le marquage en zone pratiqué laissait souvent des brèches au deuxième poteau. Cela leur a coûté 16 buts la saison passée et déjà 7 dans la campagne actuelle (ils sont deuxième de ce bien triste classement derrière Aston Villa).

Apathie générale

Si la défense est le maillon faible, c’est parce qu’Everton masse beaucoup de joueurs devant. Mais cela ne signifie pas que les supporters ont vu du beau football pour autant. Le problème est que toutes les phases offensives devenaient prévisibles en se jouant tout le temps au même rythme : un rythme de sénateur.

Des joueurs qui tricotent avec le ballon dans l’axe, très peu d’appels en profondeur ou sur les flancs : l’adversaire savait facilement contrer les Toffees. Un vrai gâchis avec des joueurs-frissons comme Richarlison, Bernard ou Moise Kean. Cette apathie générale se dégageait du coach, faisant les cent pas sur sa ligne et ne sortant de sa routine que pour pester sur ses joueurs.

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Duncan Ferguson a ramené de la vie dans cette équipe. Mais pas sûr qu’il puisse garder son poste.

Pour le premier match sans Marco Silva, le contraste était total. Le coach intérimaire Duncan Ferguson a refait sortir une âme de cette équipe. Les joueurs ont presté comme des morts de faim, taclant 37 fois (un record depuis des années). Avec 30% de possession de balle et des attaques rapides, ils ont battu Chelsea 3-1.

Quelle que soit la décision prise quant au nouvel entraîneur (on parle de Carlo Ancelotti ou Eddie Howe, de Bournemeouth), la saison d’Everton semble enfin lancée.

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