Note of the day | Chris Wilder et Sheffield United: après le champagne, la gueule de bois

Le fusible a sauté. Chris Wilder a quitté Sheffield United après une série de mauvais résultats et une dernière place au classement. Une séparation par « par consentement mutuel » qui peine beaucoup de suiveurs de la Premier League tant l’histoire était belle.


Beaucoup d’autres managers seraient déjà au chômage ou déjà employés dans un autre club, mais Chris Wilder a résisté. Des mois, des semaines. Mais les Blades sont presque condamnés à la relégation et comme souvent dans ces cas-là, c’est le coach qui trinque. « Le conseil d’administration et Chris Wilder, qui a mené les Blades à plus de 100 victoires en près de 5 saisons à Bramall Lane, ont pris cette décision après en avoir discuté », précise le club dans son communiqué.

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Fait rare dans ce genre de communiqué, le club tient à souligner le bon travail qu’a réalisé Wilder depuis son arrivée et l’a laissé exprimer ses bons sentiments à l’égard du club. Signe du respect qu’a imposé Wilder. En poste depuis mai 2016, il prend en charge le club qui végète alors en League One. Au terme de sa première saison, il termine champion (en atteignant la barre des 100 points) et fait monter le club en Championship. En 2018/19, après deux saisons dans l’antichambre de l’élite anglaise, Sheffield retrouve la Premier League en finissant 2e. Enfin, la saison dernière après des performances inouïes, il hisse le club à la 9e place, en laissant filer les places européennes en toute fin de championnat. Sur 227 matches, Wilder en a remporté 106, pour 44 nuls et 77 défaites, dont 22 en 28 journées cette saison.

Enfant du club

Né et élevé à Sheffield, il passe de « ballboy » des Blades, son club de coeur depuis toujours, à joueur et enfin manager. Wilder est définitivement un enfant du club. Comme coach, il a amené un football divertissant à toute une nouvelle génération de fans et a offert de la fierté à tous les anciens en faisant passer le club de la League One (D3) à la Premier League en trois saisons. Grâce à un savant mélange d’expériences accumulées dans les ligues inférieures, l’équipe s’est construite sans superstar. Juste une bande gars soudés qui entretenaient une belle relation avec leur coach. Ce qui a eu pour résultat une saison incroyable où les Blades sont restés dans le Top 6 jusqu’à l’interruption pour cause de crise sanitaire.

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Mais comme la malédiction du deuxième album, la seconde saison en Premier League tourne au fiasco. Entre blessures, manque d’investissement de la part du propriétaire et donc une impression de manque de soutien, Sheffield United n’y arrive plus. Un départ catastrophique en championnat et une première victoire tombée le 12 janvier seulement ne laissaient rien présager de bon pour les Blades. Bon dernier avec 14 points sur 87 possibles et 16 buts marqués en 29 matches, l’enfant du club ne peut plus inverser la tendance. Comme un capitaine qui sombre avec son navire, il se sacrifie pour les autres. Car Wilder n’est pas viré, il s’agit bien d’un arrangement mutuel.

Quid du timing

En fait, c’est surtout pour le caractère attachant de cette équipe depuis son arrivée en Premier League que ce sentiment de tristesse est présent. Wilder représentait tout ce qu’on aime: un gars de la ville, un ancien du club qui redore le blason de son équipe et vit une véritable épopée aux commandes de celui-ci. C’est devenu si rare dans le football moderne. Et que dire d’un coach qui imposait presque à ses garçons de faire la fête la veille d’un match, pour être certain de la bonne santé de son groupe. Un groupe qu’il a défendu jusqu’au bout. Trop gentil pour reconnaître que, malgré la belle première saison en Premier League, ses joueurs n’avaient pas le niveau, aussi sympathiques soient-ils.

Mais ce qui pose surtout question dans ce départ, c’est le timing. Alors que le club est condamné, pourquoi se séparer de son plus beau symbole sans lui donner une chance de se reconstruire en Championship ? D’ailleurs les fans étaient encore totalement derrière lui. Un sondage effectué par un média local a démontré que, parmi 2000 supporters, 95% voulaient que Chris Wilder demeure à Bramall Lane. De quoi entretenir un léger sentiment de gâchis.

Mais, les tensions entre Wilder et le propriétaire du club Abdullah bin Musa’ad bin Abdulaziz Al Saud se sont intensifiées récemment et la casserole déjà fumante allait imploser. La semaine dernière, Wilder déclarait qu’il ne savait pas s’il serait toujours en charge la saison prochaine, bien qu’il ait confirmé qu’il voulait rester à Bramall Lane si le conseil et les propriétaires «s’en tenaient au plan».

Dans un petit communiqué, Wilder a déclaré: « Être manager de Sheffield United a été un voyage fantastique que je n’oublierai jamais ». Ses joueurs non plus.

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