Richarlison : le nouveau fenomeno ?

Cette saison encore , Richarlison aura réussi à tirer son épingle du jeu au sein d’un Everton pourtant bien pâle qui a conclu le championnat à une triste douzième place.


Co-meilleur buteur de l’équipe avec Calvert-Lewin grâce à ses 13 buts (le même total que la saison passée), le joueur le plus bankable du noyau* risque d’attirer les convoitises cet été. Retour sur le parcours de celui qui, à seulement 23 ans, aurait déjà de quoi écrire une belle biographie.

Nous sommes le 7 juillet 2019 : le Brésil mène 2-1 en finale de la Copa America dans un match tendu contre le Pérou. À la 89e minute, les Auriverdes héritent d’un penalty (obtenu par l’ailier…Everton, ça ne s’invente pas) qui peut définitivement sceller l’issue du tournoi en évitant l’angoisse des dernières minutes. Et pour ce face-à-face avec le gardien adverse, ce n’est pas un taulier de l’équipe, mais bien Richarlison, entré au jeu quelques minutes plus tôt et intégré au groupe en cours d’année, qui prend ses responsabilités. Il le transforme sans aucune hésitation. Il faut dire que quand on a eu une arme pointée sur le front quelques années plus tôt, le terme « pression » paraît souvent dérisoire.

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Joueur pro et rien d’autre

Cet épisode traumatisant remonte à son adolescence : « Le gars croyait que j’étais un dealer qui allait lui piquer des clients. Alors il m’a pris et m’a coincé son flingue sur la tempe. J’ai pensé que s’il appuyait sur la gâchette, j’étais mort. Mais il m’a laissé la vie sauve ». Pourtant, malgré un contexte parfois difficile, s’il y a bien une chose à laquelle le jeune Richarlison n’a jamais touché, c’est la drogue.

La vie n’était pas toujours facile dans la petite ville de Nueva Venecia, dans le sud-est du Brésil, sa famille ne roule pas sur l’or, mais lui inculque une éducation faite d’honnêteté, d’humilité et de droiture. Quand ses parents divorcent, celui qui n’est encore qu’un gamin n’hésite pas à travailler pour aider sa mère, lavant des voitures ou vendant des glaces. Cette éducation, mais aussi la foi et la ferme intention de devenir footballeur professionnel font qu’il ne succombera pas aux tentations pourtant multiples parsemant le chemin qu’il se tape pour aller à l’entraînement.

Et même en cas de coup dur, le garçon a de la ressource. Après l’espoir de faire décoller sa carrière anéantie par deux tests non concluants à Figueirense et à Avai, il se remobilise et obtient un premier contrat dans une situation qui ressemblait méchamment à une dernière chance à l’académie de l’America (un club de division deux, à ne pas confondre avec l’équipe mexicaine).

Richarlison a alors 17 ans et très vite, il s’avère que les équipes de jeune sont déjà trop petites pour lui, notamment à l’issue d’un tournoi de jeune où ses prestations XXL amènent l’équipe sur la pus haute marche du podium après une victoire de prestige contre l’Atlético Mineiro. Le coach de l’équipe première ne tarde donc pas à l’intégrer à son noyau et début juillet, pour ses toutes premières minutes de jeu en pro, il plante un but décisif pour son équipe après être monté au jeu. Des débuts de rêve qu’il confirme en plantant 9 buts assortis de 4 assists en 24 matchs pour sa première saison, aidant l’America à arracher la promotion en première division. Le phénomène est lancé.

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Malgré la promotion, ce n’est pas sous les couleurs de l’America que Richarlison vivra sa première saison parmi l’élite : le club croule sous les offres pour son prodige. Cruzeiro, Palmeiras, Corinthians et Fluminese sont sur les rangs et c’est dans cette dernière équipe que le néo-international U20 choisit de faire décoller sa carrière. Pour son premier match avec le maillot du Flu, il délivre l’assist menant au seul but du match face à…l’America.

Son premier but tombera, lui, dans le dernier quart d’heure d’un match en déplacement chez le rival historique de Flamengo, donnant ainsi la victoire à son équipe. Il n’y a pas à dire, le gars sait y faire lors de ses premières fois. En un an et demi, dans une équipe qui aligne notamment Fred, l’ancien de Lyon, Richarlison démontre avec ses 9 buts et 6 assists qu’il est déjà taillé pour le haut niveau. C’est alors que la hype arrive aux oreilles des clubs européens.

Etape par étape

Parmi les prétendants, on retrouve notamment l’Ajax qui meurt d’envie d’une association brésilo-brésilienne Richarlison-David Neres en soutien d’attaque. « L’affaire était quasiment bouclée, j’étais presque dans l’avion pour Amsterdam mais mon téléphone a sonné. C’était Marco Silva, le manager de Watford au bout du fil, je n’ai pas hésité une seule seconde, la Premier League était un rêve de gosse ».

L’Eredivisie appréciera. À 20 ans, le voilà donc propulsé dans la grisaille anglaise, à mille lieues du soleil auriverde. « Les premières semaines, c’était vraiment horrible : je restais à l’hôtel et je mangeais des hamburgers, c’est ce qui se rapprochait le plus de la nourriture brésilienne ». Mais petit à petit, bien aidé par Heurelho Gomes qui le prend très vite sous son aile, Richarlison montre ce qu’il a dans le ventre.

La Premier League découvre alors un profil hyper complet : capable de jouer sur le flanc ou en pointe, le numéro 11 dépose sa marque de fabrique entre sens du but, courses répétées, engagement et une technique qui fait honneur à son pays natal. Au point de dégager des airs de Ronaldo (R9 pas CR7) de par son physique, sa démarche et son style de jeu. Entre septembre et novembre, il marque 4 fois et délivre autant d’assists en 8 matchs de championnat.

La deuxième partie de saison sera plus mitigée au sein d’une équipe à bout de souffle, ce qui vaut à Marco Silva de prendre la porte. Qu’importe, l’Angleterre est conquise. Ainsi, à peine intronisé comme nouveau coach d’Everton, Marco Silva harcèle sa direction pour engager son petit protégé. Peu importe le prix. Le club dépense alors les 39 millions nécessaires pour convaincre Watford de le céder.

Le montant en effrayerait plus d’un. Pas notre homme, définitivement rompu aux codes du foot british. Pour preuve ses stats parlent d’elles-même : il termine ses deux saisons chez les Toffees avec à chaque fois 13 buts marqués, rien qu’en championnat. Et histoire de se mettre définitivement les fans dans sa poche, il n’hésite pas à tacler l’idole des bons vieux ennemis de Liverpool : « Virgil Van Dijk est un bon défenseur mais je l’ai déjà dribblé. Thiago Silva, Marquinhos ou Sergio Ramos sont meilleurs que lui ». Mais l’idylle va-t-elle se poursuivre ?

C’est que plusieurs clubs aimeraient s’attirer ses services, Manchester United et Barcelone en tête. Le principal intéressé prévient : « Carlo Ancelotti m’a dit qu’il comptait sur moi pour la saison prochaine. Cela ne me déplairait pas de rester un an de plus. Mais si une bonne offre arrive, nous discuterons, cela fait partie du foot ». Futur feuilleton de l’été…euh de l’automne en perspective ?

*52 millions pour être précis, selon Transfermarkt

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