Chelsea, Arsenal : roulez jeunesse

Chelsea et Arsenal : derrière leur vieille rivalité londonienne, ces deux poids lourds de Premier League partagent plus de points communs qu’on ne pourrait le croire. Si Chelsea est indéniablement plus avancé sur base de leur dernières saisons, les courbes de croissance des deux clubs sont étonnamment proches. Blues comme Gunners traversent tous deux une phase de reconstruction. Tout cela passe par les jeunes. Avec des résultats en dents de scie à la clé.

Nous sommes en mai dernier, c’est la finale de l’Europa League. Chelsea bat Arsenal 4-1 au terme d’un match plaisant et sauve ainsi sa saison. Maurizio Sarri, l’expérimenté tacticien italien aligne un trio d’attaque qui fait très mal à la défense des Gunners : Hazard-Giroud-Pedro. Une ligne offensive qui avait une moyenne d’âge de 31 ans ! Du côté d’Arsenal, Unai Emery titularisait pour la dernière fois des gardiens du temple comme Laurent Koscielny (34 ans) et Petr Čech (37 ans).

La donne a radicalement changé cette saison. Pas spécialement convaincues de la plus-value apportée par les deux coachs qui n’avaient jamais entraîné en Angleterre, les deux directions ont fait le ménage et se sont tournées vers d’anciens joueurs du club qui débutaient leur nouvelle carrière. C’est ainsi que Frank Lampard, a été propulsé sur le banc des Blues après une saison à Swansea. Pour Mikel Arteta, qui occupe maintenant le banc des Gunners, la transition a été encore plus rapide : l’homme aux 150 matchs pour Arsenal, qui, depuis trois saisons, apprenait dans l’ombre de Pep Guardiola à Manchester City, a pris le train en marche en cours de championnat, profitant du départ d’Emery. Du sang frais sur le banc, c’était le point de départ d’un rajeunissement drastique de ces deux équipes.

Un vivier londonien très fourni

Pour Chelsea, ce rafraîchissement semble intiment lié au départ d’Eden Hazard au Real Madrid et à l’interdiction de transfert dont a écopé le club. Cela a permis de faire place nette pour les jeunes. De la ligne d’attaque de 31 ans de moyenne, les Blues alignent désormais des joueurs plus proches de la vingtaine, voire en dessous. Le plus brillant d’entre eux est Tammy Abraham (22 ans), un pur produit du club qui a été prêté à Swansea et à Aston Villa avant d’exploser cette saison (déjà 13 buts en Premier League). Sur le flanc gauche, Callum Hudson-Odoi (18 ans) est encore parfois un peu brouillon dans le dernier geste mais impressionne par ses accélérations fulgurantes. Dans les parages, on trouve aussi Mason Mount (21), qui a été prêté à Derby County, l’équipe de Lampard, la saison passée, avant de revenir en même temps que le boss. Christian Pulisic (21) a, lui, été acheté 64 millions à Dortmund, il y a un an. Timide à ses débuts, il trouve petit-à-petit ses marques. Plus en retarait, on retrouve un solide défenseur central : Fikayo Tomori, à l’image de Mount, a été prêté à Derby County avant d’exploser cette saison. Au back droit, Reece James (20), peut-être le moins médiatisé de la bande, progresse à pas de géant. Ultra complet défensivement, il apporte aussi beaucoup de danger grâce à sa qualité de centre. Malgré la fin de l’interdiction de transfert, Chelsea n’a pas fait de folie au mercato, laissant ainsi ces jeunes poursuivre sereinement leur progression. Preuve qu’il ne sont pas seulement des seconds couteaux.

La saison passée, James était prêté à Wigan. Cette saison, il est un sérieux concurent pour Azpilicueta.

Arsenal, de son côté, a toujours incorporé beaucoup de jeunes dans son effectif. Le -court- règne d’Unai Emery n’a pas dérogé à la règle. Mais ces teenagers ne semblaient pas occuper une place centrale dans le projet. Moins souvent sur le terrain dans les gros matchs, ils représentaient un risque d’irrégularité qu’Emery, de par sa fragile position, ne pouvait pas assumer. Sous Arteta, le vivier londonien commence à trouver sa place au sein de l’équipe. A commencer par Gabriel Martinelli : transféré l’été passé du club brésilien d’Ituano, le wonder kid ne cesse d’impressionner son monde. Surtout utilisé dans les épreuves de coupe par Emery, il est de plus en plus souvent aligné en Premier League. Sa finition chirurgicale couplé à une bonne technique et à une maturité étonnante pour un gamin de 18 ans en font le nouveau diamant des Gunners. Sur le flanc, c’est un autre joueur de 18 ans qui épate : Bukayo Saka dispose d’une accélération fulgurante et ses tirs de l’extérieur de la surface ont déjà fait mouche à quelques reprises. Reiss Nelson, un vif ailier de 20 ans, et Joe Willock, un milieu de terrain de 20 ans également, ont un rien moins de temps de jeu mais sont de plus en plus proches d’une place de titulaire. De même qu’Eddie Nketiah (20), jeune attaquant anglais qui a ouvert le score lors du dernier match contre Everton. Dans la catégorie jeune, on ne pense plus à Matteo Guendouzi (20), le génial milieu box-to-box et à l’ailier Maitland-Niles (22) car ils étaient déjà bien installés la saison passée, mais eux-aussi ne sont qu’à l’aube d’une carrière prometteuse. Et n’oublions pas Kieran Tierney (22), actuellement blessé à l’épaule, mais qui a enthousiasmé tout le monde quand il était titulaire à l’arrière gauche. Il avait été acheté 27 millions au Celtic, cet été.

Saka peut être aligné comme back ou comme ailier.

Clubs en chantier

Arsenal et Chelsea sont deux clubs en reconstruction. Le vieillissement de l’équipe championne de Conte couplé à l’annonce de l’interdiction de transfert ont accéléré le processus chez les Blues. Chez les Gunners, il est question de tourner le long chapitre écrit par Arsène Wenger. Mais si les situations semblent presque identiques, pourquoi un tel écart au classement entre ces deux formations (six places d’écart, du rarement vu) ? La réponse vient sans doute du parcours de ces jeunes. A Chelsea, ils ont presque tous été prêtés dans des clubs plus modestes pour engranger du vécu. Les Blues se sont fait une spécialité d’accumuler les joueurs prêtés aux quatre coins de l’Europe (on se souvient des Salah, De Bruyne et autres Lukaku). Tandis que chez les Gunners, les jeunes sont souvent dorlotés en équipes d’âge et aux portes de l’équipe première avant de patiemment attendre leur tour. Ce qui fait qu’ils ont été moins souvent confrontés aux exigeantes réalité de la Premier League et à la pression qui va avec. Un apprentissage qui peut parfois coûter des points au décompte final. Les teenagers de Chelsea ont cette légère expérience qui leur permet de mieux réagir à certaines situations déjà vécues pendant leurs prêts et de réagir de façon plus adéquate que les jeunes Gunners. Mais que les fans d’Arsenal se rassurent : si le club continue a croire en ses jeunes et à les entourer de joueurs talentueux, l’avenir s’annonce plus radieux que la dixième place actuelle.

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