Divock Origi, l’homme qui tombe à pic

Il y a des histoires qui méritent d’être écrites pour la postérité. D’autres entrent dans la postérité parce qu’elles ont été écrites. Parfois, il suffit d’une mise en image pour rendre un écrit mémorable. Le film de Divock Origi n’aurait pas pu être écrit. Personne ne pouvait imaginer cela.


Dans les grands films, il n’est pas rare de voir une situation où le héros est à bout de souffle, entouré d’une horde d’ennemis et à court de solutions. Heureusement, il arrive à s’en sortir grâce à un coup de pouce du destin. En cinéma, on appelle cela « Deux Ex Machina », à Liverpool ce coup de pouce s’appelle Divock Origi. Comme la série TV des années 80, Divock est l’homme qui tombe à pic sur les bords de la Mersey. Le Belge était là au bon moment, au bon endroit. Face à Barcelone, Origi était l’acteur d’un film trop grand pour lui. Il en est pourtant devenu une des vedettes.

C’était écrit

David contre Goliath, Sparte contre Perses, Tom Hanks contre les Nazis, la rébellion contre l’empire, William Wallace contre les Anglais et Liverpool contre Barcelone. Le parallèle est sans doute exagéré, mais le cinéma regorge de références positives. Quand d’une situation désespérée naissent la gloire et la victoire. Il y a des réalisateurs connus pour leurs twists et leurs scénarios à rebondissements, en football aussi il y a des spécialistes de l’exploit. Parmi eux, il y a Liverpool.

On connaissait « Istanbul 2005 », il y a maintenant « le match contre Barcelone ». Un club capable de tout qui a encore réconcilié les spectateurs du monde entier. Rouge, blanc ou bleu, ces matches ne laissent personne indifférent. Le foot c’est souvent des histoires de billets, d’hommes en costumes, des heures sombres, mais aussi ça. Des moments de pure fantaisie, suspendus dans les airs. La parenthèse du terrain où 22 hommes luttent sans intervention du monde extérieur. Une bulle de 90 minutes où les petits deviennent grands.

C’est ce que se disent aujourd’hui les supporters des Reds. Oui ce scénario était écrit. Car au plus profond d’eux-mêmes ils savaient qu’ils allaient s’en sortir. Non pas grâce à Firmino et Salah, mais grâce à Origi et Wijnaldum.

Origi, le Diable sorti de sa boite

On a tendance à l’oublier, mais Divock Origi appartient aux Reds depuis déjà 5 saisons (il en a passé deux en location : à Lille et à Wolfsburg). Jamais considéré comme un titulaire à part entière, il a pourtant eu l’art de sortir de sa boîte au bon moment. Malgré une concurrence féroce, en club et en sélection. Tel l’acteur de série B qui tente parfois sa chance au grand écran, on attend toujours le film référence pour l’attaquant belge.

En pratiquement 100 matches avec Liverpool, il a inscrit 27 buts. Face à Barcelone, il a marqué ses deux premiers buts en Ligue des Champions. Ses deux autres buts européens étaient tombés face à Dortmund en 2016 (le 1-1 à Dortmund et le 1-2 à Anfield). On peut donc dire que ses 4 buts en Coupe d’Europe sont décisifs d’une manière ou l’autre. Elle est peut être là, sa signature dans le « Walk of Fame » des Reds. En 2016, Liverpool atteignait la finale de l’Europa League, en 2018, ses buts mènent aussi Liverpool en finale, mais de la Ligue des Champions cette fois.

Selon le site Transfermarkt, 7 de ces 27 buts toutes compétitions confondues ont été directement décisifs. Parmi ces 7 buts on retrouve 5 ouvertures du score ayant amené une victoire (2 en PL, 2 en Coupe et le premier but contre le Barça) les deux buts restants sont ceux marqués face à Everton (seul but du match) et le but victorieux marqué récemment contre Newcastle. 7 sur 27 soit un quart de buts inscrits directement décisifs.

Sans oublier son but en Coupe du Monde face à la Russie qui offre la victoire aux Diables.

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Les critiques ont d’ailleurs fait bonne presse du jeu de Divock : « le héros improbable » dans le Guardian,« l’auteur du but décisif légendaire » s’enthousiasme The Liverpool Echo.

L’intéressé a préféré mettre ses collègues en avant : « Il s’agit plus de l’équipe que de mes goals. Nous avons très bien joué. Nous savions que cette soirée allait être particulière. Je voulais me battre pour les blessés. C’est difficile de décrire cette soirée avec des mots, c’est vraiment incroyable. J’avais des crampes à la fin, on n’a vraiment rien lâché. C’est la victoire du talent et du travail, c’est fantastique ».

Origi ne va pas subitement devenir le Di Caprio du football. Il ne le sera sans doute jamais, mais à défaut d’être une légende du football, il risque bien d’entrer dans la légende du football. Des instants magiques sublimés par ses partenaires de casting qui vont rester dans l’histoire. Cette nuit de mai où Anfield a été le théâtre d’un des plus beaux chefs d’oeuvre. Quant à Origi, peu importe qu’il soit sur l’affiche ou au seulement au générique, il va continuer à enfiler son costume de sauveur et nous surprendre.

Finalement, c’est tout le mérite des seconds rôles. On parle sans cesse de l’absence des vedettes, des têtes d’affiche, mais quand il faut les remplacer, les doublures sont toujours là.

You’ll Never Walk Alone résonne, générique de fin.

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