« The Class of 92 » : l’indispensable

S’il ne fallait en choisir qu’un, ça serait dans doute celui-ci. « The Class of ’92 » est un documentaire suivant l’éclosion de six joueurs mythiques de Manchester United. Il est sorti en 2013 et c’est une perle.


Le documentaire footballistique est un genre à part entière. Souvent, il sombre dans le cliché. Celui du parcours de conte de fée où on met en avant la destinée du sportif. À force de travail, il réussit à se sortir d’un milieu défavorisé pour devenir le meilleur du monde. Ils prennent rarement en compte, le contexte historique, la situation politique et ce qui tourne autour du joueur ou du club. « The Class of ’92 » est loin de tout cela.

Ce documentaire retrace la percée de six jeunes footballeurs (David Beckham, Nicky Butt, Ryan Giggs, Gary Neville, Phil Neville et Paul Scholes) et le rôle qu’ils ont joué pour aider leur club, Manchester United, à devenir un des plus grand clubs. Sur fond d’années 1990 avec en point d’orgue le triplé de 1999.

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Un casting de rêve, forcément

Réalisé par les frères Benjamin et Gabe Turner, le documentaire situe l’histoire des six joeurs de ManU dans le contexte culturel et politique de l’époque au Royaume-Uni. Outre les premiers rôles, David Beckham, Nicky Butt, Ryan Giggs, Gary Neville, Phil Neville et Paul Scholes, on retrouve toute une série de stars du monde du foot tout au long du film.

Le documentaire fait succéder des entretiens avec les six joueurs principaux, évidemment, ainsi qu’avec leurs coéquipiers, leurs entraîneurs et leurs contemporains. Mais aussi les Cantona ou autre Zidane, qui a été un adversaire de l’époque. Sans oublier les hors-foot : le réalisateur primé aux Oscars, Danny Boyle, le bassiste Mani de Stone Roses et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

1992 : une « Annus horribilis » mais un millésime exceptionnel

« 1992 is not a year on which I shall look back with undiluted pleasure. In the words of one of my more sympathetic correspondents, it has turned out to be an ‘Annus Horribilis’. I suspect that I am not alone in thinking it so. » Ce sont les mots prononcés par la reine Élisabeth II, dans un discours prononcé le 24 novembre 1992 à Guildhall, quelques mois après le 40e anniversaire de son accession au trône. C’est aussi par ces mots que commence le film.

En effet, 1992 est une année à oublier suite à de nombreux événements négatifs pour l’Angleterre et la reine en particulier. Incendie dans le château de Windsor, multiples divorces au sein de la famille royale, attentats ou encore inondations, le pays n’a pas été épargné. Mais ce même pays allait aussi assister à la préface d’une des plus belles histoires du football.

The Class of 92, car les joueurs en question sont sortis de l’académie des jeunes ou se sont rapproché de l’équipe première cette année là.

Nervous Neville, Giggsy, Beckham et sa Ford Escort Mexico

D’emblée on saisit le lien fort qui unit ces six protagonistes. On les aborde en pleine discussion autour d’un verre de vin. Comme de vieux amis qui se retrouvent et taquinent en faisant resurgir leurs vieilles histoires. Et c’est pour ça que le documentaire fonctionne si bien, grâce à cette bande d’amis. Avec parfois une ambiance de colonie de vacances lorsqu’ils racontent leur bêtises au moment de leur passage à l’académie.

Les anecdotes se succèdent, ainsi que les sobriquets qu’ils se donnaient entre eux. Ils se souviennent de leur première voiture et du soin que Beckham portait à sa Ford Escort rouge et à ses sièges en cuir. C’est savoureux.

Des jeunes qui s’amusent, mais qui rapidement saisissent l’importance de la tâche qui les attend. Leur formation à United est imprégnée d’histoire et de respect. Pour le club, l’institution et ceux qui sont passés par là.

« Wave of change and culture »

Tous en sont conscients : leur éclosion sportive se fait dans un contexte de changement. Durant ces années 90 on assiste en Angleterre à une mutation politique et culturelle sans précédent. Mais le football lui aussi fait sa révolution. Il passe de quelque chose de futile aux yeux du grand public à un élément central de la vie des Britanniques. Un vent de changement, une « wave of culture » pour reprendre les propos de Dany Boyle.

Une génération qui a tout gagné (Championnat, Cup, Ligue des Champions) et menée par une autre légende: Alex Ferguson. Une telle accumulation de talents ne pouvaient qu’accoucher de cette succes story qui, du propre regard des protagonistes, est et restera unique.

Ce documentaire fait surgir toute une série de sentiments positifs chez le spectateur. D’une certaine manière, il ramène aux fondamentaux du football : une bande de copain et le plaisir de jouer. C’est sans doute pour cela que le film est si prenant et fonctionne à merveille. Cette bande de copain qui, dès l’âge de 12-13 ans, gravit les échelons pour finalement écrire l’histoire de leur club. Des gamins qui grandissent dans les environs de Manchester et qui deviennent coéquipier puis amis en équipe de jeune dans leur club, dans leur ville.

Si l’on est admiratifs, une pointe de nostalgie s’installe assez rapidement. D’une part on se dit que ce genre de joueur appartiennent à une autre époque et d’autres part ce parcours unique, ce conte de fée qui anime ses 6 gamins, est exceptionnel et restera sans doute unique.

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