James Ward-Prowse : saint parmi les Saints

Presque 200 matches de Premier League à son actif à seulement 24 ans et, malgré un statut de grand espoir anglais, James Ward-Prowse n’a pas encore franchi le palier tant attendu. Et si c’était pour bientôt ?


Southampton est bien connu pour former de jeunes joueurs et surtout pour se les faire chiper par les grosses cylindrées du championnat anglais. Virgil van Dijk, Mané, Wanyama, Clyne, Schneiderlin et sur la même saison Lallana, Shaw, Lovren, Chambers : tous ces joueurs ont quitté les Saints pour rejoindre un gros club anglais. Tous, sauf un irréductible pourtant présenté comme le plus talentueux, plus que tous les joueurs cités: James Ward-Prowse. Né à Portsmouth, il rejoint rapidement le club côtier de Southampton. Il y fait ses débuts en Premier League en aout 2012 alors qu’il est âgé de seulement 17 ans.

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Depuis lors, James et ses cheveux blonds font presque partie des meubles à Southampton. Si son statut d’espoir a été parfois égratigné à cause de hauts et de bas, on ne l’a jamais vraiment remis totalement en question. Ses performances au cours des dernières saisons ont été assez régulières. Mais jamais assez pour décrocher un transfert. Sauf que cette saison est déjà sa plus prolifique et sans doute sa plus aboutie. Tout cela alors que les Saints se battent pour leur survie parmi l’élite.

La bonne année, mais surtout le bon coach

L’élément capital a sans doute été l’arrivée de Ralph Hasenhüttl début décembre 2018. L’Autrichien a réussi à redonner de la consistance au jeu du jeune anglais.

«Je veux m’éloigner de cette image du garçon de l’académie de Southampton. Ce n’est plus ce que je veux être », explique le joueur durant la trêve internationale. «C’est la première fois que j’ai un manager qui est brutalement honnête avec moi. Pour les bonnes et mauvaises choses. Il m’a dit que je devais gagner plus de duels si je voulais jouer au milieu du terrain. Ne pas écraser les gens, mais être plus agressif. »

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L’Autrichien n’a donc pas hésité à expliquer à Ward-Prowse de muscler son jeu, comme disait l’autre. «C’est une bonne chose d’être gentil, mais pour atteindre un certain niveau, il faut avoir cette hargne», explique Ward-Prowse. « Je veux jouer semaine après semaine et si le coach me demande certaines choses, je dois le respecter et changer mes habitudes. Je pense que j’ai bénéficié de ces changements en tant que personne et en tant que joueur. »

Un changement d’attitude a rapidement été constaté chez ce spécialiste des coups-francs. Le milieu anglais reste sur 11 titularisations, un record pour lui, en Premier League. Il a marqué 6 fois sur les 9 derniers matches, soit tous ses buts. Une belle série qui coincide avec l’arrivée du coach autrichien. « Jamais je n’ai été dans une position aussi forte dans ma carrière, en tant que joueur et en tant que personne. »

Les 3-4-2-1 ou 3-5-2 de Hassenhuttl se prêtent bien au style énergique Ward-Prowse. Avec les anciens coaches, il avait plus de mal à trouver un rôle clair, mais les exigences physiques et l’animation privilégiée de son nouveau manager témoignent du dynamisme dont est capable le joueur. Il a joué comme axial dans un milieu à deux et à trois joueurs, comme arrière droit et, plus récemment, dans un rôle de milieu offensif. Cette polyvalence donne à Hasenhuttl une flexibilité tactique sans pareille.

Une saison signature ?

Aujourd’hui considéré comme un élément clé de l’équipe, il s’épanouit en prenant de plus en plus de responsabilités. C’est sans doute sa capacité de finition qui a le plus progressé. De 14% et 12% lors deux dernières saisons, son taux de conversion est passé à 40% cette année.

(Premier League)

C’est le meilleur taux parmi les joueurs avec plus de quatre buts marqués en Premier League cette saison. De plus, il est le joueur des Saints qui effectue le plus gros abattage sur le terrain. Personne n’a couru plus que lui en 2019.

« Ses finitions soignées et les capacités physiques de Ward-Prowse en font le milieu de terrain offensif idéal. Cependant, pour y rester à long terme, il devra améliorer sa créativité dans le dernier tiers. Seulement 12 de ses 34 passes clés cette saison sont en jeu ouvert et il n’a pas encore donné un seul assist », analyse la Premier League.

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Une sublimation provoquée par son coach, qui risque bien d’être révélatrice en fin de saison. Le joueur a tout pour plaire et convaincre un grand club de s’adjuger ses services.

« Son rythme de travail a augmenté à vue d’oeil, il est beaucoup plus agressif sur le terrain et est plus proches des joueurs », a expliqué Matt Le Tissier à TalkSport. « Je connais James, c’est un garçon adorable et c’est génial de voir quelqu’un qui a cette capacité de tirer les coups francs à merveille. Il les tire depuis un bon bout de temps et il a toujours eu cette technique fantastique. Malheureusement pour les Saints rien n’allait pour eux, ils touchaient la barre ou cela passait de peu à côté. Mais, tout à coup, le nouveau manager est arrivé et il lui a donné une nouvelle direction et de la confiance. Depuis lors, James a été exceptionnel. »

À seulement deux points de la zone rouge, Southampton n’est pas encore sauvé. James Ward-Prowse, en cas de maintien, fera certainement partie des joueurs à qui on pourra dire merci en s’essuyant le front du côté des dirigeants.

BONUS
James vous explique même comment réussir vos coups-francs

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