«Sunderland ‘Til I Die», quand Netflix suit la descente aux enfers des Black Cats

Netflix frappe fort avec ce documentaire qui suit Sunderland lors de la saison qui suit la descente du club en Championship. Un exercice 2017-2018 bien difficile pour Sunderland qui sera de nouveau relégué en division inférieure à l’issue de la saison. Plongée en eaux-troubles et en League One.


Dès les premières minutes, le spectateur n’est pas dupé: nous sommes bien en Angleterre et le club tente de se reconstruire suite à la descente en deuxième division. Il faut dire que Netflix en avait déçu plus d’un avec son docu sur Juventus. On avait plutôt l’impression de visionner un film d’entreprise et la série servait de support de communication plutôt que de divertissement. Heureusement, le tir semble avoir été cadré cette fois.

« On s’interroge : quel intérêt pour la plateforme de streaming à visée mondiale de suivre un club, tout juste relégué en deuxième division anglaise, et à l’aura limitée ? Les deux producteurs Leo Pearlman et Ben Turner, fans de l’équipe, étaient déjà responsables d’un docu sur le ballon rond salué par la critique, The Class of ’92, – référence de taille – qui revenait sur les trajectoires et l’amitié unissant six joueurs formés à Manchester United, dont David Beckham ou Paul Scholes. Sunderland était un terrain propice par ailleurs, le club ayant déjà été scruté par deux docus-vérité à la fin des années 90 (le dyptique Premier Passions et Premier Pressures)« , lit-on dans un article de Libération. Il est vrai que Sunderland, ville minière et portuaire du nord de l’Angleterre, ne parle pas à tout le monde et n’augure rien de très sexy.

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Pourtant, il ne faut pas attendre longtemps avant de se prendre au jeu. Hormis les suiveurs acharnés, il faut bien avouer que le sort de Sunderland en Championship n’était pas connu de tous. Mais ce suspens tient à un maigre fil : d’une part la succession des épisodes donne le ton sur la saison difficile à venir et d’autre part, on tente de résister à la tentation de consulter le classement de Sunderland à l’issue du championnat.

On comprend rapidement que ce qui devait suivre l’histoire d’une montée en Premier League, se mue en lutte pour le maintien. Car c’est bien ce dont il sera question dans la série, le destin d’un club en situation de relégation. Et il faut bien avouer que vu de l’intérieur, on éprouve une réelle tristesse. Mais pas tellement pour les joueurs.


De la peine pour le réserviste et l’employé

Plus le sort s’acharne sur le club, plus on s’attache aux « mains de l’ombre »: les employés administratifs, les deux cuisiniers ou les autres membres du staff. En fait, on prend conscience que, contrairement aux joueurs, leurs emplois dépendent du maintien ou non. Plus que le supporter, l’angoisse de descendre d’une division devient omniprésente chez eux.

Outre ces circonstances, la plongée dans les coulisses d’un club est assez réussie. On se rend compte du fonctionnement d’un club professionnel et on en découvre certains coulisses. L’épisode consacré au mercato hivernal est d’ailleurs assez palpitant. L’obligation de trouver les joueurs souhaités face à l’horloge qui tourne a un côté captivant. Libération décrit bien ces scènes :  » En face, entre les murs du club, c’est une interminable déliquescence qui a lieu, un naufrage sans trouver la fuite. Les scènes de mercato sont les plus éloquentes : on a rarement vu en images les dessous de ces négociations qu’on pensait mystérieuses voire opaques. Elles sont d’un amateurisme étonnant : souvent des contrats signés dans la précipitation dans les dernières heures du marché des transferts, avec des joueurs de second ou troisième choix.« 

Sans oublier l’aspect purement sportif avec la bataille pour la place dans les cages entre deux gardiens, les poissards blessés sur le long terme et les revendications des supporters fidèles lors de réunions avec la direction.

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So British

Si on évoque cette série, c’est parce qu’elle transpire la culture anglaise. Du parking remplis de Range Rover, au joueur bourré dans un pub qui démonte ses coéquipiers, en passant par le président haïs : on est bien au pays du Tea Time. Les : « «lads» anglais ou irlandais aux accents exotiques tels les anciens pensionnaires de Premier League John O’Shea, Lee Cattermole ou Darron Gibson« , comme ils sont décrits dans Libération, ont aussi le don de nous plonger dans cette ambiance si particulière. Mais cette dramaturgie forgée entre les pelouses humides et les chants qui font trembler les murs des pubs, se fait aussi ressentir chez les fidèles spectateurs. Eux-aussi tiennent une place de choix dans la série.


Le ciment du club

Les joueurs, entraineurs et président passent, mais les supporters restent. Lors de la saison 2017-2018, Sunderland a connu des transferts de joueurs, trois coaches et un changement de direction. Mais le base de tout club est, elle, restée fidèle au rendez-vous. Avec une lueur d’espoir chaque fois entretenue par une victoire ou nuls arrachés en dernière minute de plusieurs matches en fin de saison. Histoire de rendre la sanction encore plus cruelle. Les supporters des Black Cats ont été cuisinés à toutes les sauces lors de cette saison et leur dignité et regain d’espoir à l’issue du dernier match (victoire 3-0 contre les Wolves) ponctue la série sur une note d’optimisme alors que la saison a été d’une morosité constante.

Sunderland jusqu’à la mort et peu importe les circonstances : le message des supporters réconcilie les spectateurs avec le football. Difficile de ne pas avoir d’affection pour le club après le visionnage de la série.

Bonne nouvelle : la production a annoncé le tournage de nouveaux épisodes pour suivre la saison en League One. Sunderland est actuellement troisième*.

* au 13 janvier 2019

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